Michel BAUDET
propose
ses
VIBRATIONS COLORÉES

L ’art autrement

Décembre, 2009

PRESENTATION

Ayant vécu depuis quelques décennies dans « l’arrière-pays Niçois », j’ai choisi de me poser dans l’Aude, mes origines se situant dans la région Bordelaise où je suis né en 1947. Je fus dès l’enfance confronté à diverses matières que mes Parents transformaient, telles que les tissus, le raisin et parfois la peinture à l’huile. Devenu " accro " à l’odeur de l’essence de térébenthine, au soyeux des étoffes et au goût du vin, c’est plutôt l’attirance pour les Arts en général, qui colora mon existence, et la peinture en particulier qui accompagna ma vie professionnelle, ponctuée de périodes orientées vers des domaines aussi divers que l’électronique, l’élevage, la cuisine, les métiers du bâtiment, le social et la relation d’aide. Bien que formé à la plupart de ces métiers, et curieux de nature, je me revendique autodidacte, ce qui se traduit par une accumulation d’expériences riches en enseignements, mais aussi une implication laborieuse dans mon travail, un doute constant, et dans certaines situations passées, par une profonde dévalorisation teintée d’un manque de reconnaissance chronique. Quarante années après mon premier boulot et mes premières toiles, affranchi de ces limitations, je me trouve davantage disponible à l’essentiel et capable de mesurer la chance qui m’a été donnée de vivre ce parcours en apparence chaotique, mais dont le fil conducteur relie la créativité à l’humain. Aujourd’hui, à travers mes peintures, il est temps de rendre hommage à toutes les personnes, qui de près ou de loin m’ont supporté et accompagné pour m’aider à grandir, sans trop me compromettre, et me permettre de vivre en accord avec ma nature profonde.



DEMARCHE
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Ma démarche consiste avant tout à me munir de crayons, de pinceaux, de peintures à l’huile et d’un support. N’importe quels autres matériaux pourraient faire l’affaire, si je n’étais au préalable résolument attiré par ce type de matières et d’outils, qui depuis des siècles, ont amplement contribué à élargir notre vision du monde. Bien que produisant des œuvres essentiellement peintes à la main, dans un cadre limité à deux dimensions, technique qui, au regard de la plupart des mouvements d’avant-garde peut paraître archaïque, je revendique néanmoins ces moyens pour non seulement créer des représentations parfois singulières, le cas échéant donner du sens, mais aussi communiquer, et exprimer une créativité dont je ne suis finalement que l’outil de transformation.

Après quelques recherches dans le domaine de l’abstraction, aboutissant à des expériences picturales souvent insatisfaisantes, je dus me résoudre à lâcher les moindres représentations mentales pour m’en tenir à exprimer ce que ma nature intime me dictait. Je fus dès lors confronté à des résultats suffisamment tangibles pour faire disparaître mes doutes, et confirmer ainsi l’authenticité du résultat. Cette prise de conscience m’aida à conceptualiser cette prédisposition que je nomme " BIO-NEURO-ART ".


CARACTERISTIQUEShaut de page

L’aspect " BIO " renvoie au biologique, c’est à dire à la cellule ; c’est le support des manifestations neurologiques complexes, (NEURO) qui se traduisent par l’apparition de messages électriques, chimiques, électromagnétiques agissant sur ces cellules, pour initier une réponse,(action / réaction) au niveau physiologique, émotionnel, psychologique, sexuel et existentiel. Il est alors possible de lancer l’hypothèse selon laquelle le contenu " neurologique " serait une sorte de messager permettant une ouverture, une libération d’énergies, favorisant l’expression de notre créativité.

La fonction " biologique " se déployant au cœur de la cellule serait susceptible d’actionner des programmes inconscients sélectionnant naturellement, des formes, des couleurs, en ce qui concerne la peinture, mais aussi des volumes, des sons, des mots, des attitudes, dans d’autres disciplines, c'est-à-dire un contenant métaphorique propre à libérer un contenu vibratoire non seulement transmissible, mais aussi perceptible.

Cette séquence suggère la manière à partir de laquelle l’expression Artistique peut se développer, en dehors de toutes pensées préalables conscientes. Ce mécanisme, semble être généré par un dosage subtil d’énergies d’origines biologique et neuronale, auxquelles s’ajoutent vraissemblablement d’autres énergies, non mesurable ou non identifiées par la Physique, mais néanmoins capables d’agir sur notre inconscient.

il est opportun d’évoquer une autre dimension relative à l’influence des formes et des couleurs sur notre inconscient, nos humeurs, les attitudes, notre santé, ainsi que la façon dont celles-ci interagissent pour créer une synergie au niveau des sens. Par exemple, des couleurs judicieusement associées à des formes peuvent évoquer une mélodie musicale ; l’inverse aussi .

Si ces phénomènes sont connus et étudiés au point de trouver des applications dans divers domaines, bien qu’aucune explication scientifique n’explique ces faits, il n’en reste pas moins vrais, qu’ils méritent une attention particulière pour trouver des applications dans des disciplines touchant les Arts plastiques en général et la peinture en particulier.


L’aspect " NEURO " vise essentiellement le système nerveux, et en particulier les structures neurologiques qui participent aux mécanismes de la créativité.

Ainsi, on pourrait tout naturellement penser à un dispositif permettant d’aller puiser dans le cerveau et plus précisément dans le cortex, des informations électriques générées par l’imagination d’une personne, (Artiste ou autre) qui, traduites en "bits" s’afficheraient sur l’écran d’un ordinateur. Ces éléments seraient à leur tour " bidouillés ", et colorisés jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant, puis imprimés ou reproduits sur un support avec une machine à peindre par exemple, ou envoyés sur le net pour qu’à l’autre bout, des internautes munis de leurs casques à électrodes, puissent en profiter tranquillement .

Cette hypothèse séduisante pourrait tout à fait s’inscrire dans un courant "avant gardiste" sans que personne n’y trouve à redire, et ceci d’autant plus que l’homme, toujours à l’affût de nouvelles possibilités d’exploiter les ressources humaines, n’a de cesse de trouver les moyens de rendre ses semblables plus opérationnels, et chercher à la limite à s’en passer en modélisant leurs performances sur des robots. Cependant, s’il reste un domaine à explorer, c’est bien celui qui concerne le fonctionnement mystérieux du cerveau. Les progrès quotidiens dans le domaine des Neurosciences nous renseignent déjà sur la façon dont certaines zones de l’encéphale sont sollicités lors d’une activité mentale et physique précise ; on saura à plus ou moins long terme comment naissent les émotions, comment sont traités les sentiments, les sensations, et comment les affects agissent sur nos comportements, au point de pouvoir le cas échéant les modifier. Ces recherches peuvent trouver des applications très utiles dans les domaines de la santé et plus particulièrement dans la connaissance et le traitement des affections mentales. Cependant, il est à craindre, que pour des raisons purement matérielles, satisfaisant la recherche d’efficacité et de profits, elles permettent, en perçant davantage encore les mystères de la conscience et de l’inconscient, d’utiliser le potentiel humain dans le but ultime de manipuler et asservir des populations entières.

Hormis ce scénario peu attractif, il existe une autre voie qui, pour ceux qui la vivent, produit des changements neuronaux significatifs entraînant une réévaluation des fonctions cognitives, mais aussi des affects, des attitudes, et d’une manière générale, conduit à une libération de la conscience favorisant une disponibilité de l’esprit propice à l’expression de notre créativité.

En ce qui me concerne, ce vécu m’a permis de répondre à la question: - comment passer, dans le cadre d’une démarche créative, de l’état de chercheur à celui de trouveur sans passer par la première étape ?

En effet, PICASSO semblait déjà connaître cette expérience qui ne nécessite aucune préparation mentale préalable à l’élaboration d’un tableau, puisqu’il disait :

" Je trouve et je cherche après "






COMMENT DEFINIR
CE PROCESSUS DE CREATIVITE ?
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Les impressions lumineuses, acoustiques, tactiles, chimiques, électro-magnétiques perçues par les organes des sens permettent d’appréhender l’environnement avec une acuité relativement performante et d’apprécier une réalité au demeurant peu conforme à LA REALITE.

Mais que savons-nous de la réalité ?

Existe t’il une dimension où l’on peut non pas se représenter la réalité, ni même percevoir la réalité, mais la reconnaître en soi et la vivre au - delà des sens, résonner au diapason de chaque impression sensible émise ? Saisir une dimension qui serait de l’ordre du non visible, du non audible, du non senti, du non nommable, permettant de rentrer dans le vécu extra sensible de la réalité

* Le préssenti

Rendre compte de cet événement s’avère impossible puisqu’il naît dans l’instant et dans l’intimité de l’être et ne peut être perçu par aucun témoin extérieur ni contrôlé consciemment par le sujet lui-même.

* Cela est…

A ce niveau de conscience, les projections mentales et les émotions parasites se réduisant d’habitude à apprécier l’aspect attractif ou répulsif, réactif ou inhibiteur d’un événement le rendant par ailleurs : agréable - je prends, désagréable - je fuis, n’ont plus d’influences majeures sur les attitudes et les décisions prises.
La vie, l’existence, sont alors vécues comme un tout cohérent, unifié, duquel émergent, le cas échéant, des compréhensions, des intuitions entraînant des actions en adéquation avec les contraintes et les possibilités qu’offre le contexte. Cette disposition se révèle particulièrement féconde lors d’un processus créatif authentique dès l’instant où paradoxalement tous les mécanismes relevant de la motivation, de l’intérêt personnel, de l’attente de résultats, disparaissent et ne sont plus de fait, le moteur des actions mises en jeu. Libéré des mécanismes de l’égo, l’être est alors confronté à une sorte de vide de conscience d’où émerge sa créativité, qui, quelle qu’en soit la forme peut enfin s’exprimer librement.

Lorsque ce changement s’incarne en nous, il se reconnaît et se valide sur les différents plans de l’Etre.

    Sur le plan :
  • Physique    - les crispations se transforment en détente
  • Emotionnel - les émotions parasites transformées en compassion
  • Mental        - le doute transformé en évidence
  • Existentiel   - les mécanismes d’identification et de séparation laissent la place à une sensation d'unité et d'humilité.

De ce point de vue là, l’image de l’Artiste se réduit considérablement et son rôle réside à seulement recevoir et transmettre de l’énergie :
il devient outil de l’Art.

Pour ma part, au-delà de l’influence de l’ego, qui, si je n’y prend pas garde, peut parfois se manifester dans le quotidien, mon vécu est souvent d’une banalité absolue, seulement animé par des automatismes cohérents (sans pensées) dans lesquels je me reconnais, agissant et m’adaptant sans efforts à la plupart des évènements de la vie, sans mobile apparent (recherche de plaisir de bien être, de sens, d’intérêt, etc…) ayant parfois la très nette impression de devenir, non seulement le témoin privilégié de toutes les manifestations du vivant, mais aussi le dépositaire et le transformateur de cette énergie.

Par ailleurs, cette "réalité" est un réservoir inépuisable d’informations ; énormément de messages en émergent sans pour autant être totalement captés et ainsi alimenter notre réalité, ce qui a pour conséquences, de réduire les performances de notre système de représentations. Un "chercheur" conscient de ses limites, soucieux de s’en libérer peut, s’il s’engage à prendre ses responsabilités, être confronté à l’essentiel au point de s’oublier pour devenir porteur des forces énergétiques qui le traversent et ainsi devenir un trouveur, c’est à dire le maillon d’un processus universel de contagion. S’il est Artiste, il rendra perceptible ces morceaux du REEL à travers différents modèles de représentations qu’il maîtrisera pour la circonstance. La démarche n’est plus comme le soulignait Picasso :

" Je peins pour aller où je m’ignore. "

Mais parfois :

Je peins pour aller où je me reconnais

Et aussi :

Je peins pour devenir disciple de l’autre, Disciple de la vie….



MAIS COMMENT POURRAIT-ON DEFINIR UN ARTISTE "LIBÉRÉ"?
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Je ne peux témoigner qu’à partir de mon expérience qui, au fil du temps, s’est considérablement enrichie de quelques repères essentiels favorisant ma créativité dans divers domaines, dont celui qui se rapporte aux Arts plastiques. Des rencontres dans ce milieu et dans d’autres où cette créativité est indispensablement présente, me permettent de penser que d’autres trouveurs pourront se reconnaître dans ce portrait.

De toute évidence, c’est un humain - ancré dans le vivant. Il est sensitif - sensuel - ouvert - autonome - libre - ayant atteint une maturité identitaire indispensable. C’est quelqu’un de LIBÉRÉ, en particulier des Jugements, des interprétations, des peurs, qui ne cherche pas à comprendre uniquement avec le mental le mystère de la vie des êtres et des choses.

· Il n’attend rien, il n’exige rien.

· Il est rigoureux, et patient.

· Il attend patiemment que les choses lui soient simplement RÉVÉLÉES. (Rêves ailés) pour devenir par conséquent disciple de l’inconscient révélé (l’inconscient extérieur) mais aussi disciple du vivant.

· Il est porteur de vie et en est le témoin.

· Pour lui la vie est source inépuisable d’expériences, d’apprentissages, de liens à tisser, une aventure solitaire, une communication sensible, hors temps permettant de toucher l’essentiel des choses.

· C’est un amoureux et un contemplatif dans l’unité de ce qui est vu, dans l’instant. (pas de séparation).

    Pour apprendre :
  • - à devenir naturel et simple, unifié en lui - même,
  • - à maintenir sa vigilence du point de vue éthique,
  • -à accepter de ne pas être important,
  • - à lâcher sa volonté de pouvoir sur les choses et les Etres,
  • - à se laisser guider par son intuition, et sa capacité à s’intégrer au vivant, au lieu d’adhérer aux concepts, jugements, et croyances que les domaines du vivant peuvent parfois lui inspirer.
  • - à être curieux, ouvert aux sciences, à la philosophie, à la sociologie, et d’une manière générale à l’intelligence universelle créatrice.
    Et chercher avant tout à être lucide, c’est à dire :
  • - à voir ce qui est,
  • - et agir en étant transporté, et soutenu par la vision du cœur, intemporelle, universelle, essentielle….


EN CONCLUSION
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En conclusion, on remarquera que la plupart des mouvements artistiques ont regroupé des œuvres utilisant, soit une technique, soit un style, soit des concepts identiques permettant à ceux qui pratiquent un Art de se reconnaître dans l’une ou l’autre de ces tendances et au spectateur de repérer à laquelle appartenait tel ou tel Artiste.

La démarche " BIO-NEURO-ART " se démarque sensiblement de ces modéles;puisque ce n’est plus la production finale qui se rattache à ce titre, mais l’action des processus neurologiques et cellulaires qui, agissant en amont, permettent à l’artiste d’exprimer sa créativité.

Cette prédisposition offre la possibilité de se libérer des contraintes mentales et émotionnelles inutiles, ce qui a pour conséquences de garantir une expression pure et assurer à ceux qui s’expriment dans ce courant, une validation par eux-mêmes du bien fondé de leur travail sans avoir recours à une appréciation bienveillante ou critique extérieure. ( Ce qui n’exclut pas l’expression critique du public !) Enfin, l’ensemble de ces éléments peut contribuer à faire se rencontrer des Artistes se reconnaissant dans cette mouvance, capables par exemple, de produire au même instant, et dans des lieux différents, des œuvres de même nature, mais aussi des oeuvres utilisant des techniques ou des styles différents, mais largement inspirées par ce processus singulier. haut de page Back to top